Le gouvernement Belge au Havre

Le 4 août 1914, la Belgique est envahie par les troupes allemandes.     Malgré des combats acharnés, le replis était inévitable, la garnison bloquée dans Anvers abandonnait le combat le 10 octobre, et le gouvernement belge demanda l’hospitalité à la France.

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Le Pieters De Conninck

Le 11 octobre le Président de la république envoyait ce télégramme:
« J’apprends la décision prise par le Gouvernement Royal. Le Gouvernement de la République en est profondément touché et va immédiatement arrêter toutes les mesures nécessaires pour assurer en France le séjour de Votre Majesté et de ses Ministres en pleine indépendance et souveraineté. Je tiens à dire personnellement à Votre Majesté combien mes compatriotes seront fiers de lui offrir jusqu’à l’heure de la victoire commune l’hospitalité de la ville qu’elle a choisie, et je la prie de croire à mon inaltérable amitié. »

La ville de Sainte-Adresse avait été choisie car, proche du port du Havre, le Nice Havrais, présentait de vastes bâtiments luxueux et des villas récemment construites par Dufayel permettant d’accueillir et de loger le gouvernement et les ministères Belges
Le 13 octobre les Ministres quittent Bruxelles et s’embarquent sur la malle Pieters de Coninck, qui arrivait au Havre le soir même.

Dès l’annonce de l’arrivée au Havre, la population se massa sur les jetées du port.
Vers 17 h 30, le Pieters De Conninck accosta au bassin Bellot où

attendaient le ministre de la Marine Française et les notables.
Le 24 ème régiment d’infanterie territoriale, rendit les honneurs. Sur le pont arrière, un détachement de gendarmes belges présentaient les armes.
Les autorités Françaises montèrent à bord où furent faites les présentations.
Les ministres belges prenaient place dans des automobiles et escortés des chasseurs à cheval, gagnaient Sainte Adresse sous les ovations de la foule.
Le jour même, le baron de Broqueville, président du conseil et ministre de la guerre (resté à Dunkerque) remerciait le président du conseil français de l’accueil fait au gouvernement belge.

Photographies:
Le Miroir numero 50
8/11/1914
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Quelques temps après la prise de Namur, étaient apparus au havre les premiers militaires belges qui avaient reçu l’ordre de se replier directement au Havre. Leurs uniformes, rappelant ceux des français sous Louis-Philippe et sous Napoléon III n’étaient pas sans les intriguer

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Les civils réfugiés étaient évacués progressivement en train vers l’intérieur du pays.
41 départements les accueillirent : 38.000 en Seine-Maritime (dont ²²), 25.000 dans la Seine, 10.500 en Seine-et-Oise, 5000 en Manche, 4.700 en Ille-et-Vilaine, 2.000 en Dordogne, 3.500 dans le Loiret, 3.200 en Vendée, etc.

Toute la flottille de pêche de la côte belge s’abrita dans les ports français, depuis la Normandie jusqu’à la façade Atlantique, notamment à l’île de Sein.

Les camps d’instruction des recrues de l’armée s’installèrent à Granville, Bayeux, Caen, Fécamp, Dieppe, Saint-Lô, Eu, au camp d’Auvours, etc…, où 100.000 hommes furent formés au cours du conflit.

Des unités belges s’entraînèrent aussi au camp de Mailly (Aube) avec des instructeurs français expérimentés, telles la 6e D.A. dont le 4e carabiniers en janvier 1917.

Le 14 octobre 1914, le général Joffre réserva le port de Calais à l’armée belge : ce fut sa principale base de guerre jusqu’en 1919. Le port de Gravelines-Bourbourg devint Belge lui aussi. Tout ce vaste secteur vit se multiplier le nombre de militaires belges et d’installations qui furent la cible, durant quatre ans, des bombardements ennemis.

Le Havre fut Un autre grand centre:
au début 1917, 300 officiers et 13.000 hommes de l’armée belge y travaillaient. L’Intendance envoyait quotidiennement à l’armée du front de l’Yser 550 tonnes de ravitaillement dont 40.000 litres d’essence.

La base navale du Havre recevait de nombreux convois, dont ceux amenant le cuivre du Katanga servant pour les munitions.
Les chemins de fer belges – son ministère était à Sainte-Adresse – avaient 7.000 agents en France, entretenaient 2.000 locomotives, des dizaines de milliers de wagons, sous la direction d’un général du Génie, le baron Empain.

C’est au Havre que se trouvait la plus grande fabrique belge d’armement, détruite le 11 décembre 1915 par une catastrophe (ce jour-là, 320 tonnes explosèrent, faisant 101 morts, 1.500 blessés et pulvérisant 24.000 m² d’usine.
La détonation fut entendue à 100 Km à la ronde).
l’explosion de l’usine pyrotechnique belge causa des dégâts considérables à Graville et à Harfleur. Reconstruite en un mois, elle fournit, en 1916, 200 canons, 97.000 grenades, 1.450.000 obus, 44 millions de cartouches.

Sainte-Adresse a vécu, entre 1914 et 1918, sous un double drapeau. Les couleurs françaises et belges qui encadrent la statue du roi Albert 1er à l’entrée de la ville.

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