La Fabrication de prothèses dans l’atelier de Bonsecours.

L’atelier de prothèse orthopédique (fabrication des membres artificiels et des appareils orthopédiques), installé dans l’atelier des tramways de Rouen est l’œuvre entière du Médecin de Bataillon Georges Hendrix. Spécialisé déjà avant la guerre dans les questions d’orthopédie, cet officier du Service de Santé se consacra d’abord à établir des bases scientifiques pour l’étude d’appareils rationnels et réellement pratiques, étayant ses travaux sur son expérience qui l’a souvent inspiré. Secondé, lui aussi par des mutilés de la guerre, dont la collaboration lui fut particulièrement précieuse. La fabrication utilisera des matériaux simples et disponibles comme le bois.

Madame Hamers, épouse du Consul Belge à Rouen, dont l’infatigable dévouement a permis de recueillir les fonds nécessaires à l’achat de toutes les matières premières et à la fabrication des membres artificiels et des appareils de prothèse livrés à nos blessés depuis la création des Ateliers jusqu’au 23 juillet 1917, date à laquelle la gestion financière des Ateliers a été reprise par l’Etat Belge.
Nos ateliers de mécano électrothérapie et d’orthopédie sont subdivisés en 3 sections principales : mécanique et ajustage, modelage, sellerie et cordonnerie. Ils comportaient au début un outillage prêté par la ville de Rouen.

Ce local a été utilisé comme salle des fêtes par la commune de Bonsecours jusqu’à sa démolition.

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Les principes fondamentaux de la prothèse orthopédique du membre inférieur

D’après l’étude des membres artificiels-types confectionnés dans les ateliers de prothèses du Service de Santé de l’Armée Belge à Rouen

Georges Hendrix

Médecin de bataillon, chargé du service de prothèses dans l’armée Belge, Chef du service d’orthopédie à  « la Policlinique de Bruxelles »   Rapport présenté à M. le Docteur L. Melis Inspecteur général du service de santé Belge, le 1er avril 1916

L’atelier des prothèses belge de Rouen a été organisé sous l’autorité du service de santé, grâce aux encouragements du Directeur du Service de Santé à Rouen, Mr le Médecin général Deltenre. Cet atelier a d’abord été installé dans les locaux de l’école professionnelle, rue Saint-Lô, mis très gracieusement à la disposition des autorités militaires belge par les autorités civiles de cette ville. Les fonds nécessaires à la fabrication des appareils de prothèse ont été recueillis par Mme Haemers, épouse du Consul Belges à Rouen, femme d’un grand cœur dont l’infatigable dévouement permet de subvenir à l’achat de toutes les matières premières.

Dans ce but, a été fondé, sous la présidence d’honneur du Lieutenant général chevalier  de Sellier de Moranville, Inspecteur général de l’armée, l’œuvre des mutilés de la guerre, dont Mme Haemers est la gracieuse présidente. Actuellement, l’atelier de prothèse fonctionne dans les bâtiments dits « dépôts des tramways », à Bonsecours lès Rouen, où a été transporté l’outillage généreusement prêté par la ville de Rouen.

L’atelier est rattaché à l’hôpital militaire Belge de Bonsecours, institut de physiothérapie, que dirige Mr le médecin de régiment A. de Marneffe. Je lui adresse l’expression de mes plus vifs remerciements pour les conseils avisés qu’il n’a cessé de me prodiguer.

Les ateliers de prothèses du Service de santé des armées belges, à Rouen, fonctionnent depuis mai 1915 environ. Ils occupent près de 80 ouvriers, mécaniciens, ajusteurs, modeleurs en bois, menuisiers, charpentiers, sabotiers, etc., pris parmi des soldats blessés reconnus inaptes. Ces ouvriers comme le reste du personnel d’ailleurs, n’étaient pas des ouvriers orthopédistes avant la guerre ; ils ont été formés, depuis cette époque, à l’art de la prothèse, dans les ateliers de l’Etat. Parmi eux, certains ont acquis des connaissances qui leur permettent de prendre rang parmi les ouvriers spécialistes les plus capables. D’ouvriers spécialistes, on n’en comptait guère, en Belgique avant les hostilités. Les principales maisons de fabrication d’appareils étaient allemandes et avaient à leur solde des individus de cette nationalité.

C’est donc pour faire œuvre utile pour l’avenir, que de former des ouvriers spécialistes, afin de développer dans notre pays, un jour reconquis, une industrie rendue d’autant plus importante, que la guerre aura fait par ses ravages plus d’impotents et de mutilés.

Nous avons donc visé à fabriquer des appareils robustes, utiles, simples et perfectionnés. Ce résultat n’a été obtenu que par étapes, grâce à une expérience acquise par la pratique. Aussi, est-ce à tâtons que nous avons débuté. A diverses reprises, nous avons dû revenir sur des erreurs ;  par contre, nous avons parfois crée des perfectionnements. Nous avons étayé nos travaux sur l’expérience et, livrés à nous-mêmes, l’expérience surtout nous a inspiré.

A part les publications « réclames » des maisons de commerce, la littérature scientifique traitant de l’art de la prothèse, sur lesquels nous aurions pu guider nos travaux, est presque nulle. Pourtant, s’il est une question, restée trop longtemps dans le domaine commercial, bien qu’elle soit basée sur de rigoureuses données scientifiques, et nécessitant des connaissances médicales bien définies, c’est bien la question des prothèses ?

D’autres avant nous, certes, ont dû mettre ces principes en valeur ; ils les ont appliqués, mais ils semblent avoir tenu à cœur de conserver le fruit de leur expérience pour un avantage commercial.

La grande guerre actuelle vient de stimuler l’intérêt de cet art. Aussi, en arrière de toutes les armées, a-t-on nommé des commissions médicales, ouvert des laboratoires d’études de la prothèse, multiplié les ateliers d’orthopédie. On s’applique, avec beaucoup d’activité et sous l’autorité de certains noms appartenant aux milieux médicaux, à établir des bases scientifiques pour l’étude d’appareils rationnels et réellement pratiques. Jusqu’à présent ceux-ci avaient été laissés à l’initiative d’industriels possédant peut-être beaucoup d’acquis, mais dont les idées, certes très louables et parfois très originales, manquaient de bases scientifiques. Le service de santé de l’armée belge s’est trouvé dans les mêmes nécessités et s’est senti les mêmes obligations que les autres nations.

Il a su s’orienter parmi les premiers et il a su s’organiser. Pour ne citer qu’un exemple, relatif à la question de la confection des membres artificiels, qui occupe la première place dans la prothèse, disons qu’après avoir tenté la confection de ces appareils d’après le « Type français » nous avons reconnu qu’il existait mieux dans le « Type Américain », et c’est vers ce type que nous nous sommes orientés. Les principes ont été étudiés, puis le type a été réalisé. Aussi, les membres artificiels, confectionnés sous l’autorité du service de santé belge, sont-ils parmi les plus perfectionnés. Certains modèles, dérivant du « Type Américain » et créés dans le laboratoire d’études, peuvent réellement être considérés comme originaux.

       L’atelier de prothèse belge fait donc œuvre à la fois de production et d’étude. Ainsi se prépare aussi une industrie nouvelle, nationale, qui pourrait devenir florissante dans un avenir prochain.

 

 

Les « nurses anglaises » de l’hôpital de Bonsecours

Des infirmières de nationalité anglaise, 30 à 40 en moyenne et dont le nombre atteignit 56 à la période des dernières offensives, pendant laquelle les sections de chirurgie ont dû être doublées, comptant, à un moment donné, jusqu’à 40 pavillons de grands blessés alités, sous la direction d’une matrone Miss Thompson, ont desservi les formations de Rouen et de Bonsecours, depuis la création de l’Anglo-belge jusqu’au 30 mai 1919.

Elles étaient affectées exclusivement aux pavillons de chirurgie, aux salles d’opérations et de pansements et à quelques services de physiothérapie.

Les détachements d’Aide Volontaires (VADS) ont été formés en 1909 par la Croix-Rouge britannique et l’Ordre de St John à la demande du Bureau de Guerre. Leur but initial était de soutenir les services médicaux territoriaux en temps de guerre mais on a rapidement compris que les détachements pourraient jouer un rôle important en temps de paix en soutenant les services des officiels

Les membres des VADS travaillant dans les services de soins d’un hôpital étaient désignées sous le nom de « nurses » si elles n’étaient pas diplômées, mais stagiaires. Les infirmières diplômées étaient appelées « sister » ou « matron » en fonction de leur rang.

Nurse Hôpital de Bonsecours

Nurse avec la Princesse Mary et les cadres des VADS

Sister Amy Judson. Nurse engagée dans les VADS du Cumberland le 10/06/1916

Nurse Frieda Stepenson. Elle servit Cumberland Infirmary, carlisle, à l’Alliance Hospital d’Yvetot, au Pilkington Special Hospital, St Helens et à Bonsecours. Titulaire de plusieurs décorations anglaises et belges
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L’Hôpital Militaire Belge de Bonsecours

Le site de la côte Sainte Catherine en 1910

A cette époque le sommet de la côte Sainte Catherine était occupé par un champ de course. Il existait cependant un projet important de constructions.

L’Hôpital Militaire Belge de Bonsecours

(le texte entre guillemets est du Docteur Wilmaers 1919)

« Inauguré le 2 juin 1916, a été érigé à 2 kilomètres au Sud-est de Rouen, au sommet de  la colline Blosseville – Bonsecours, sur le plateau des Aigles, à une altitude de 140 mètres, d’où l’on découvre le magnifique panorama de Rouen, et de la vallée environnante de la seine que l’on domine presque à pic. La superficie totale occupée par l’hôpital était d’environ 10 hectares. L’air pur et vif contribuait largement à rendre cette formation particulièrement salubre »

Vue de l’hôpital surplombant Rouen

Carte écrite par une infirmière anglaise de l’hôpital de Bonsecours

«  Lors de l’inauguration, l’hôpital occupait 69 pavillons d’un type uniforme, constitué  par  les lazarets de campagne du service technique du Génie Belge, semblables à ceux que nous venons d’installer à Woluwe, et avait une capacité hospitalière de 1150 lits.

Ultérieurement par suite de l’affluence des blessés, de nouveaux lazarets furent élevés  ainsi que 11 grandes constructions en dur, et la capacité hospitalière fut portée à 1600 lits en régime ordinaire et à 1800 en régime serré. De plus, les ateliers de mécano, d’électrothérapie et de prothèse furent installés dans les locaux dits « dépôt des tramways » situés sur la route de Paris, dans le voisinage de l’hôpital ».

L’hôpital de Bonsecours constituait une agglomération importante.

A côté des 44 pavillons d’hospitalisation de 28 mètres de longueur formant un premier groupe à droite et à gauche d’une allée centrale, entrecoupé d’un jardin de 17 mètres de largeur, un second groupe de 3 lignes parallèles, perpendiculaires au premier, se trouvaient les pavillons réservés aux traitements physiothérapiques et aux salles d’opérations et de pansements, réunis à l’entrée et à droite de cette allée centrale.

La rééducation par le travail dont les locaux furent élevés en dehors de l’hôpital près de l’entrée, se trouvait dans le voisinage de la plaine des sports. »

« Les réfectoires au nombre de cinq formaient une ceinture au nord-est des lazarets hospitaliers, entre ceux-ci et les cuisines.

Les logements du personnel subalterne occupaient la lisière du sud-ouest de l’hôpital »

Bonsecours – Hôpital militaire belge (carte postale, dessin de E. Bossaerts)

Bonsecours – Hôpital militaire belge (carte postale, dessin de E. Bossaerts)
« Les logements des officiers, des médecins gymnastes, des infirmières, les différents mess et services généraux se trouvaient réunis à droite et à gauche de l’allée d’entrée, et à la périphérie nord-est de la formation».

Je n’énumèrerai pas tous ces services communs à tous les hôpitaux, mais qui dans notre formation de Bonsecours avaient nécessairement une importance considérable pour satisfaire aux nécessités d’une population dont le chiffre a dépassé plus d’une fois 2000 hommes notamment lors des dernières offensives». (le texte entre guillemets est du Docteur Wilmaers 1919)

Les Sections hospitalières

L’hôpital de Bonsecours était divisé en cinq sections de 300 à 350 lits environ. Deux d’entre elles étaient spécialement affectées au service de la chirurgie, les autres logeaient indifféremment les blessés du ressort exclusif de la physiothérapie, groupant autant que possible dans des pavillons distincts les amputés, les lésions nerveuses, articulaires, osseuses, cicatricielles, etc.

Indépendamment d’une infirmerie centrale d’hôpital où étaient soignés les malades de l’établissement et de la garnison qui ne pouvaient être évacués sur un hôpital voisin spécialement réservé aux fiévreux, il existait des infirmerie de section où étaient groupés les hommes de la section devant rester alités ou faire l’objet d’une observation particulièrement attentive.

Enfin des pavillons spéciaux, dépendant administrativement de l’une ou de l’autre section, étaient réservés, deux ou trois suivant les nécessités du moment, aux officiers, un aux vénériens dont l’évacuation momentanée présentait trop d’inconvénients pour la cure physiothérapique entreprise, et un aux contagieux toujours à prévoir dans une population aussi dense que celle de Bonsecours.

Le pavillon des contagieux :

Subdivisé lui-même en six logements distincts, permettait de séparer et de grouper les différentes affections contagieuses : grippe, fièvre typhoïde, méningite cérébro-spinale, scarlatine, etc.

A la tête de chacune de ces sections se trouvait un médecin chef de service avec un personnel distinct et qui était responsable vis-à-vis de la Direction de la bonne marche de tous les services.

Des infirmières de nationalité anglaise, dont je ne pourrais assez faire l’éloge, 30 à 40 en moyenne et dont le nombre atteignit 56 à la période des dernières offensives, pendant laquelle nos sections de chirurgie ont dû être doublées, comptant, à un moment donné, jusqu’à 40 pavillons de grands blessés alités, sous la direction d’une matrone Miss Thompson, ont desservi  les formations de Rouen et de Bonsecours, depuis la création de l’Anglo-belge jusqu’au 30 mai 1919. Ces dames étaient affectées exclusivement aux pavillons de chirurgie, aux salles d’opérations et de pansements et à quelques services de physiothérapie.

Services spéciaux :

Les services spéciaux comprenaient l’institut de physiothérapie proprement dit, les services de chirurgie, les ateliers de prothèse et d’orthopédie auxquels étaient annexés ceux de la mécanothérapie et de l’électrothérapie, les services d’ophtalmologie, d’oto-rhino-laryngologie, de stomatologie et le laboratoire des recherches cliniques.

L’institut physiothérapique proprement dit, comportait différentes sections :

La gymnastique médicale. – Cette partie importante de la physiothérapie a pour but de réaliser pratiquement et médicalement, sans avoir recours à des appareils mécaniques, certains mouvements bien définis, appliqués avec discernement et méthode aux organes moteurs insuffisants. Elle comprend : le massage, la kinésithérapie manuelle, la rééducation motrice individuelle et collective, les mensurations de contrôle. Ce service a sous sa dépendance la gymnastique pédagogique, les jeux et les sports.

Cette gymnastique est une spécialité extrêmement délicate et elle exige, pour donner de bons résultats, le concours d’un personnel médical d’élite nombreux, possédant l’instruction et la compétence désirables si l’on veut éviter des accidents et des déboires. Ces conditions ont été réalisées à Bonsecours par le concours de douze médecins gymnastes diplômées de l’Institut Central et Royal de Stockholm sous les directions successives de Miss Loveday et de Miss Alund. Ces dames dont plusieurs nous ont accompagnés à Woluwe et nous continuent leur service, ont droit aussi à toute notre reconnaissance ;

La section de gymnastique médicale disposait d’un pavillon bien aménagé et d’un matériel presque entièrement construit dans les ateliers de l’hôpital : plints bas, hauts ; tables de massages, tabourets, bommes, cadres, espaliers, tracé de rééducation de la marche de Franckel, escaliers etc., instruments de mensuration, toise bascule, chaise à vis pour scoliose, dynamomètre goniomètre, etc.250 sujets environ passaient journellement en traitement pour 4 à 500 malades traités dans ce service au courant d’un mois, avec 5 à 6000 séances ou même d’avantage, chaque séance durant une moyenne de 20 minutes. Et dans ces chiffres ne sont pas comprises les séances de rééducation motrice individuelle, c’est-à-dire de réadaptation des muscles, des segments, voire même d’appareils entiers à leur fonctionnement normal pour l’exécution de mouvements actifs bien déterminés et incités par le gymnaste ou des installations telles que les cadres, les tracés de Franckel, les escaliers etc. Cette rééducation motrice individuelle est étroitement liée à la gymnastique médicale dont elle est le complément.

A côté de la rééducation motrice individuelle, il existait un cours de rééducation motrice collective, qui est la base du traitement des amputés appareillés et en général de tous les mutilés appareillés. Ce cours est complété par des promenades d’entraînement et se terminaient par les jeux et les sports et spécialement le football très goûté de nos amputés.

La rééducation motrice dans beaucoup de cas sert de transition à la gymnastique pédagogique.

La gymnastique pédagogique était appliquée à tous nos blessés qui étaient en état de la pratiquer. Ceux-ci répartis en catégories dont les impotences fonctionnelles semblables permettaient de les grouper en cours : blessés des membres inférieurs, des membres supérieurs, des membres amputés, etc.

Deux salles étaient réservées à la gymnastique pédagogique, dont l’une était spécialement construite et aménagée pour les exercices. Des moniteurs, professeurs de gymnastique, étaient spécialement chargés de ces cours.

Enfin une plaine de jeux avec portique, où ce trouvaient différents engins, était aménagée dans un terrain voisin de l’entrée de l’hôpital. Par les beaux temps la rééducation collective se donnait en plein air. Elle était complétée par les jeux organisés et les sports.

Les médecins belges de l’hôpital belge de Bonsecours en 1919

L’hôpital vu dans la presse rouennaise

Samedi 29 juillet 1916
Journal de Rouen

A l’hôpital militaire Belge de Blosseville- Bonsecours
Institut de physiothérapie

Au début du mois de Novembre dernier, les autorités militaires belges décidaient de construire un grand hôpital militaire qui servit d’institut de physiothérapie. Des recherches furent aussitôt effectuées pour trouver le terrain et Mr Pinel qui avait bien voulu s’occuper de cette affaire, jeta son choix sur le terrain où était autrefois le champ de courses .Mr Devaux, s’empressa de le  mettre à la disposition des autorités belges.

On ne pouvait mieux trouver que ce terrain admirablement placé sur le plateau des aigles.

4 janvier 1917
Journal de Rouen

A l’hôpital militaire Belge

Le lundi 25 décembre, à l’occasion de la Noël, une grande fête a eu lieu à l’hôpital Belge, organisée par Monsieur l’ Aumônier GEMOETS et les sections dramatique et musicale de l’hôpital.

Le matin à 10 heures, brasserie concert par l’orchestre avec le concours de MM CALLS et BAGOERTS. Un superbe arbre de Noël avait été somptueusement garni par les médecins gymnastes et les infirmières anglaises attachées à l’hôpital. Grâce à la grande générosité de ces dames, il a été permis de donner à chaque blessé un magnifique présent à la tombola de l’après midi.

Le soir à  six heures, il y avait foule à la grande séance dramatique et musicale que présidait le Commandant DE MARNEFFE, médecin directeur, entouré des colonels DELTENSE et DALNE, Mesdames, les médecins gymnastes, Mesdames les infirmières et les officiers.

Pendant la brillante ouverture par l’orchestre, sous la direction du sympathique M DE STOBBELAERS, les infirmières distribuaient des cigarettes et des friandises à profusion à la grande joie de nos chers blessés.

  1. CORNEILIS et BOSSAERT fournirent d’excellents intermèdes «Théodore cherche des allumettes  » saynète de G COURTELINE, fut très bien interprétée par MM. CORNEILIS et GHION. Une petite scène de kermesse flamande composée par M. DE STOBBELAERS et chantée par l’auteur et M. WASSENBERGE eut un succès fou. Il en a été de même pour la pièce flamande « KOLONEL POERPOT  » . Un bon colonel ce petit caporal Van Den Abech.

Enfin, «  quand on conspire  » comédie d’Antony Mars fut brillamment jouée par mm  MOVIES, TEIRLINCK et CALLS.

Les décors artistiquement brossés par MM. DE VUYST et HERNAUT firent l’admiration de tous. Ce fut un jour de bonheur et de joie. Aussi tous débordés de reconnaissance pour ceux qui avaient contribué à la bonne réussite de la fête de Noël qui fut un rayon de soleil dans la grande famille des blessés de BONSECOURS, nous leur disons merci.

6 mars 1917
journal de Rouen

Suite à un incendie

Liste du matériel de lutte contre l’incendie

6 octobre 1917
journal de Rouen

Matinée de bienfaisance

Le dimanche 14 octobre, à deux heures et demie, au casino, grande fête dramatique et musicale organisée par les mutilés de l’hôpital militaire Belge au profit des veuves, orphelins et prisonniers de guerre de la commune de Mesnil Esnard.

Prix des places  ; premières 3F, secondes 2F et troisièmes 1F

 

4 décembre 1917
journal de Rouen

Fêtes de la Saint ELOI

Samedi, les soldats belges au nombre d’une centaine cantonnés à l’atelier de mécanothérapie à Bonsecours ont organisé, en l’honneur de la saint Eloi, une fête au restaurant SINOQUET à Bonsecours sous la présidence du médecin chef de l’hôpital. Après le dîner, quelques artistes se sont fait entendre et ont fait la joie de leurs camarades.

 

22 décembre 1917
journal de Rouen

A l’hôpital militaire Belge  on nous écrit  :

La dernière quinzaine a été bien remplie à l’H.M.B de Bonsecours. Les séances cinématographiques du mercredi et du vendredi ont régulièrement eut lieu et de plus les hommes ont eu le bonheur de pouvoir assister à deux belles fêtes théâtrales qui ont superbement réussi grâce au travail des braves poilus qui constituent les sections dramatique et musicale sous l’intelligente direction du brancardier DE STOBBELAERE, qui de plus ont reçu les meilleurs encouragements de leur nouveau directeur le Lieutenant Colonel WILMAVES.

La première de ces fêtes a eu lieu le jeudi 13 courant et consistait en une fête dramatique et musicale par la deuxième phalange. Les exécutants furent félicités de leur réussite. Les sections dramatiques interprétaient avec leur brio habituel le charmant drame de BOIREL «  Le poignard » et une pièce charmante « Kolonel POERPOT » qui eut un succès fou. Quelques intermèdes présentés par M de ROBEELAERE, GALLS, GHION et BLEREAU complétaient dignement cette soirée.

Samedi 15 courant, la troupe LIBEAU est venue donner, devant un public énorme, «   ZONNERLAG et Cie  ».

On vit bien à la figure de nos braves poilus dont la plupart sont des mutilés quel plaisir ils trouvèrent à entendre un peu parler, comme là-bas, au pays. Des fleurs furent offertes aux dames qui, dans un geste touchant, transformèrent les lits des blessés couchés en autant de parterres de fleurs. Dans une belle improvisation le colonel remercia la troupe qui se dévoue tant pour nos chers blessés et Mr LIBEAU promit de revenir dans les plus brefs délais.

Comme on peut le constater, on ne chôme pas à l’H.M.B. de BONSECOURS et l’on prépare pour Noël de nouvelles festivités.

 

3 janvier 1918
Journal de Rouen

A l’hôpital militaire Belge on nous écrit :

Les fêtes de Noël ont été bien fêtées à l’H.M.B. de Bonsecours. Le matin l’harmonie a donné un beau concert dans la salle des fêtes. Dans l’après-midi, un thé fut offert à tous les malades alités qui reçurent chacun outre un beau cadeau dû au dévouement de Mme LEBEL, vice présidente du comité du Dernier Devoir. A six heures, la section dramatique joue « la paix chez soi » de G. Courteline avec le succès habituel. Les soldats WURTMANS, violoniste et FASSATTI, monologuiste, présentèrent des intermèdes très goûtés.

Le clou de la fête furent des danses écossaises dansées par les infirmières et des danses suédoises exécutées par Mmes les Médecins gymnastes, tout dans le costume du pays. Leur succès fut très grand et la soirée se termina sur une allocation du médecin directeur qui encourage toujours l’organisation de ces fêtes. Pendant la fête une tombola avec de nombreux prix avait lieu.

Le jeudi 27 décembre M. PIERRARD, de l’œuvre Belge, est venu donner une  conférence sur l’armée belge avec de vieilles chansons populaires. Ces vieux airs furent applaudis de tous les cœurs dans l’exécution de ces chansons qui rappelaient tant le pays.

 

29 avril 1918
Journal de Rouen

A l’hôpital militaire Belge on nous écrit  :

Brillante matinée

Une matinée artistique fort intéressante a été donnée dans la salle des fêtes de l’hôpital militaire Belge de Bonsecours avec le précieux concours de l’excellente troupe LIBEAU. Ce local spacieux, paré de drapeaux et de guirlandes était presque comble. Remarqué la présence de M. le Lieutenant Général Chevalier SELLIERS de MORANVILLE, de M. le Colonel WILMAERS Directeur de l’hôpital, de M. le Secrétaire DUFRASNE, FRIART, M. le Député RAMAEKERS. A côté du Théâtre de l’Armée, composé uniquement de soldats, viennent occasionnellement des troupes de comédiens et saltimbanques professionnels comme le Théâtre belge du Front, aussi appelé Troupe Libeau du surnom donné au couple qui la dirige : Gustave et Valentine Libeau. La Troupe Libeau Au centre de la photographie, le couple de comédiens Gustave et Valentine Libion aux commandes de cette troupe itinérante, 1915.

La troupe Libeau (Musée royal de l’Armée et d’Histoire militaire,

N° Inv.KLM-MRA : B-1-186-146-33©)

La troupe Libeau (Musée royal de l’Armée et d’Histoire militaire, N° Inv. KLM-MRA : B-1-186-146-33©)
 

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