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9 Les Sections hospitalières

 

L’hôpital de Bonsecours était divisé en cinq sections de 300 à 350 lits environ. Deux d’entre elles étaient spécialement affectées
au service de la chirurgie, les autres logeaient indifféremment les blessés du ressort exclusif de la physiothérapie, groupant autant
que possible dans des pavillons distincts les amputés, les lésions nerveuses, articulaires, osseuses, cicatricielles, etc.
 Indépendamment d’une infirmerie centrale d’hôpital où étaient soignés les malades de l’établissement et de la garnison qui ne
pouvaient être évacués sur un hôpital voisin spécialement réservé aux fiévreux, il existait des infirmerie de section où étaient
groupés les hommes de la section devant rester alités ou faire l’objet d’une observation particulièrement attentive. 
Enfin des pavillons spéciaux, dépendant administrativement de l’une ou de l’autre section, étaient réservés, deux ou trois suivant
les nécessités du moment, aux officiers, un aux vénériens dont l’évacuation momentanée présentait trop d’inconvénients pour la
cure physiothérapique entreprise, et un aux contagieux toujours à prévoir dans une population aussi dense que celle de
Bonsecours.

Le pavillon des contagieux :

 Subdivisé lui-même en six logements distincts, permettait de séparer et de grouper les différentes affections contagieuses :
grippe, fièvre typhoïde, méningite cérébro-spinale, scarlatine, etc.
A la tête de chacune de ces sections se trouvait un médecin chef de service avec un personnel distinct et qui était responsable
vis-à-vis de la Direction de la bonne marche de tous les services.
Des infirmières de nationalité anglaise, dont je ne pourrais assez faire l’éloge, 30 à 40 en moyenne et dont le nombre atteignit 56 à
la période des dernières offensives, pendant laquelle nos sections de chirurgie ont dû être doublées, comptant, à un moment
donné, jusqu’à 40 pavillons de grands blessés alités, sous la direction d’une matrone Miss Thompson, ont desservi  les formations
de Rouen et de Bonsecours, depuis la création de l’Anglo-belge jusqu’au 30 mai 1919. Ces dames étaient affectées
exclusivement aux pavillons de chirurgie, aux salles d’opérations et de pansements et à quelques services de physiothérapie.

Services spéciaux :

 Les services spéciaux comprenaient l’institut de physiothérapie proprement dit, les services de chirurgie, les ateliers de prothèse
et d’orthopédie auxquels étaient annexés ceux de la mécanothérapie et de l’électrothérapie, les services d’ophtalmologie, d’oto-
rhino-laryngologie, de stomatologie et le laboratoire des recherches cliniques.

 L’institut physiothérapique proprement dit, comportait différentes sections :
     La gymnastique médicale. – Cette partie importante de la physiothérapie a pour but de réaliser pratiquement et médicalement,
sans avoir recours à des appareils mécaniques, certains mouvements bien définis, appliqués avec discernement et méthode aux
organes moteurs insuffisants. Elle comprend : le massage, la kinésithérapie manuelle, la rééducation motrice individuelle et
collective, les mensurations de contrôle. Ce service a sous sa dépendance la gymnastique pédagogique, les jeux et les sports.

Cette gymnastique est une spécialité extrêmement délicate et elle exige, pour donner de bons résultats, le concours d’un
personnel médical d’élite nombreux, possédant l’instruction et la compétence désirables si l’on veut éviter des accidents et des
déboires. Ces conditions ont été réalisées à Bonsecours par le concours de douze médecins gymnastes diplômées de l’Institut
Central et Royal de Stockholm sous les directions successives de Miss Loveday et de Miss Alund. Ces dames dont plusieurs nous
ont accompagnés à Woluwe et nous continuent leur service, ont droit aussi à toute notre reconnaissance ;
La section de gymnastique médicale disposait d’un pavillon bien aménagé et d’un matériel presque entièrement construit dans les
ateliers de l’hôpital : plints bas, hauts ; tables de massages, tabourets, bommes, cadres, espaliers, tracé de rééducation de la
marche de Franckel, escaliers etc., instruments de mensuration, toise bascule, chaise à vis pour scoliose, dynamomètre
goniomètre, etc.250 sujets environ passaient journellement en traitement pour 4 à 500 malades traités dans ce service au courant
d’un mois, avec 5 à 6000 séances ou même d’avantage, chaque séance durant une moyenne de 20 minutes. Et dans ces chiffres
ne sont pas comprises les séances de rééducation motrice individuelle, c'est-à-dire de réadaptation des muscles, des segments,
voire même d’appareils entiers à leur fonctionnement normal pour l’exécution de mouvements actifs bien déterminés et incités par
le gymnaste ou des installations telles que les cadres, les tracés de Franckel, les escaliers etc. Cette rééducation motrice
individuelle est étroitement liée à la gymnastique médicale dont elle est le complément.

A côté de la rééducation motrice individuelle, il existait un cours de rééducation motrice collective, qui est la base du traitement
des amputés appareillés et en général de tous les mutilés appareillés. Ce cours est complété par des promenades d’entraînement
et se terminaient par les jeux et les sports et spécialement le football très goûté de nos amputés.

La rééducation motrice dans beaucoup de cas sert de transition à la gymnastique pédagogique.
La gymnastique pédagogique était appliquée à tous nos blessés qui étaient en état de la pratiquer. Ceux-ci répartis en catégories
dont les impotences fonctionnelles semblables permettaient de les grouper en cours : blessés des membres inférieurs, des
membres supérieurs, des membres amputés, etc.
Deux salles étaient réservées à la gymnastique pédagogique, dont l’une était spécialement construite et aménagée pour les
exercices. Des moniteurs, professeurs de gymnastique, étaient spécialement chargés de ces cours. 
Enfin une plaine de jeux avec portique, où ce trouvaient différents engins, était aménagée dans un terrain voisin de l’entrée de
l’hôpital. Par les beaux temps la rééducation collective se donnait en plein air. Elle était complétée par les jeux organisés et les
sports.